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Dossiers
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Deux mille collines pour les "petits" et les "grands" |
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Issu de l'ouvrage collectif Racismes. Continent obscur, l'article présenté ici date de..1991. Les années ont passé, mais surtout le génocide des Tutsi et les massacres des Hutu modérés ont eu lieu au Rwanda, en 1994, devant une Communauté internationale immobile. De nombreuses voix, le plus souvent ignorées, avaient dénoncé bien avant les risques d'une telle menace, déjà précédée de plusieurs pogroms depuis 1959. Une nouvelle Tragédie pour l'Humanité s'est pourtant déroulée sous les yeux de tous, puisant en grande partie ses racines dans les constructions des stéréotypes racistes et discriminatoires développées durant la période coloniale. Cet article apporte, selon nous, une analyse plus que jamais éclairante sur ces fabrications mentales aux conséquences désastreuses qui malheureusement résistent parfois au temps...
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Démons sans merveilles, peuples sans histoire |
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![cec_stereotypes_004 [].jpg cec_stereotypes_004 [].jpg](images/stories/Stereotypes/cec_stereotypes_004%20%5B%5D.jpg)
La diversité que la race humaine présente dans les domaines physique et culturel a été, depuis toujours, à l'origine d'une série de préjugés. Dans un premier stade, on trouve une présentation stéréotypée qui s'applique à des groupes ethniques dans leur ensemble: les immigrés sont des profiteurs, les Nord-Africains sont des spécialistes du couteau, les Asiatiques sont des fatalistes, les Sud-Américains des machos. Et cela débouche toujours sur les mêmes conséquences: discrimination, oppression, racisme.
La formation d'idées préconçues vaut, en somme, pour toutes les cultures, pour tous les continents. Elle n'est donc pas un privilège de l'Occident. Mais quand nous étudions l'histoire occidentale, nous remarquons ce phénomène troublant: l'Afrique est le continent qui en a été le plus souvent victime.
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Les images de la propagande coloniale |
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Il peut sembler étonnant pour certains de s’attarder,
aujourd’hui, sur l’histoire de la propagande coloniale belge. Les temps
coloniaux sont loin. Pourquoi titiller leurs fantômes ? S’acharner sur
leurs vieilles icônes ? Précisément parce qu’en Belgique on a peu osé,
de façon publique, questionner de front l’énorme stock d’images
engendrées et léguées par la machine coloniale. Le malaise qui a suivi
une indépendance houleuse et les rapports ambigus longtemps entretenus
par divers pouvoirs (eux-mêmes héritiers de la célèbre Trinité
coloniale : Etat, Eglise, Grandes sociétés) avec la dictature mobutiste
ont empêché, à plusieurs reprises, une mise à plat indispensable à la «
décolonisation mentale » qui aurait dû s’opérer aussi dans les esprits
des ex-colonisateurs.
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L'Histoire africaine au féminin |
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Pas simple! L'Histoire d'Afrique est, en Europe, étonnamment négligée
sauf par quelques spécialistes. Et dans le grand public, tout au moins
dans sa fraction qu'on appelle cultivée, faites le test : "Citez cinq
noms africains célèbres pour l'époque pré-coloniale. Coloniale.
Contemporaine. "SOUNDIATA? CHAKA? KANKAN MOUSSA? GBEHANZIN? ABDELKADER?
MSIRI? HAILE SELASSIE? LUMUMBA? MANDELA? Vous arriverez difficilement à
quinze. Recommencez l'opération pour les femmes, même chez les
"africanistes". Comparez. Pourtant, recherches faites dans des ouvrages
récents de vulgarisation ou dans des sources spécialisées, nous
n'avions que l'embarras du choix : reines, prophétesses, ancêtres
mythiques, fondatrices, héroïnes légendaires, combattantes sur divers
fronts, elles se bousculent pour sortir des limbes où les ont figées,
trop longtemps, l'ethnocentrisme et le préfugé de sexe.
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Le continent obscur que traversait Stanley, le coeur des ténèbres où plongeaient Conrad et ses personnages, c'était, pour les générations qui nous ont précédé, de toute évidence, l'Afrique (et son centre, le Congo). Regorgeant de richesses, naturelles et brutes, peuplée d'habitants qualifiés de la même manière, l'Afrique a été aussi un inépuisable grenier de phantasmes, fabriqués par et pour l'Europe. Ils flottent encore aujourd'hui et l'on peut dire de façon certaine que l'imaginaire européen est imprégné, en profondeur, des projections, négatives principalement, que ceux qui se sont eux-mêmes baptisés les "Blancs" ont plaqué, pendant des siècles, sur leurs antonymes les "Noirs" (ainsi que, de manière peut-être moins lourde, sur les "Jaunes" et sur les "Rouges").
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