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Les lumières noires et le choc des civilisations |
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Dans Le choc des civilisations (1997) de Samuel P. Huntington, l’Afrique est inexistante. Huntington doute qu’elle soit une civilisation. On n’ouvrira pas ici une énième polémique sur cet oubli. Le faire, serait revenir à l’éternel débat qui consiste à savoir si l’Africain avait une âme. Je voudrais simplement attirer l’attention du lecteur sur le fait que si Hutington avait lu les écrivains de la Négritude, il aurait pu se rendre compte combien leur combat dans les années 30 (une période au cours de laquelle triomphent le fascisme, le nazisme, bref tous les nationalismes extrêmes) consistait à répondre à cette question. Inspirés par l’œuvre de Léo Frobenius, lui-même lecteur de Herder, les écrivains de la Négritude ont remis en cause le stéréotype hégélien d’une Afrique ahistorique. Comme Herder, qui avait contré avant eux, l’universalisme français en montrant que chaque peuple a un génie, une culture, les écrivains de la Négritude d’une part et Cheick Anta Diop de l’autre, disent au monde que leurs ancêtres n’étaient pas des gaulois, que l’Afrique pré-islamique avait des civilisations millénaires. Mais cette dénonciation de la vision hégélienne de l’histoire et de l’impérialisme n’a jamais été pour eux une manière de s’opposer systématiquement à l’Occident.
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Femmes écrivains d'Afrique noire |
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Il y a d'abord cette longue discrimination à l'instruction qui
privilégie, aujourd'hui encore, les études des garçons par rapport à
l'instruction des filles. C'est la Zimbabwéenne Tsitsi Dangaremba qui a
le mieux décrit cette injustice dans son roman Nervous condition
(1988). Tous les clichés y passent : les femmes sont des éternelles
enfants, elles sont moins intelligentes que les hommes, elles manquent
de force, de constance : elles ne respectent pas la parole donnée, etc.
Dans ces conditions, il n'est pas étonnant de trouver comme noyau
central chez les écrivains féminins essentiellement des intellectuelles
(souvent professeurs d'université, telles Tanella Boni, Véronique
Tadjo, Monique Ilboudo, Clémentine Nzuji…) qui, relevant le défi, ont
eu à cœur de montrer qu'elles ne le cèdent en rien aux hommes en
matière d'intelligence et de créativité.
Il y a ensuite, comme signalé ci-haut, le poids de la tradition qui, à
travers multiples fac ettes, asservit la femme africaine au profit de
l'homme et de l'espèce.
La première soumission à l'homme, qu'il soit père, frère ou mari, est
d'abord juridique et civile. La femme africaine passe toute sa vie sous
tutelle, de sa naissance à sa mort. D'où les stéréotypes fréquents de
son irresponsabilité et de sa vénalité. Cette soumission est également celle du corps féminin, qui passe
notamment par le cycle infernal des maternités , car une femme stérile
(ou qui conçoit difficilement) a très peu de valeur, et cela quasiment
dans toutes les sociétés africaines, qu'elles soient rurales ou
urbaines. C'est la Ghanéenne Ama Ata Aidoo qui décrit avec le plus de
justesse cette "malédiction biologique" des femmes. Elle est la
première à évoquer dans ses textes la notion de "viol conjugal", qui
crée un véritable scandale lors de la parution de son livre en 1970 (No
Sweetness Here), et pour cause !
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Retours du colonial? Disculpation et réhabilitation... |
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En réponse à la loi du 23 février 2005, finalement abrogée
suite aux violentes critiques suscitées en France, les textes
réunis sous la direction de Catherine Coquio dans l’ouvrage collectif « Retours du Colonial ? disculpation et réhabilitation de l’histoire coloniale française», constituent un plaidoyer très solidement argumenté contre « un retour aux heures noires de l’idéologie coloniale ». Parmi les 18 contributions de cet essai, on retiendra particulièrement
(outre la généreuse préface de Catherine Coquio suivie de son analyse
sur « Dix petits nègres : retour d’une comptine », co-écrit avec Aurélia Kalisky) dans la section 1 « Histoires, droits, politiques », la brillante démonstration de Philippe Hauser : « Le mensonge comme opérateur politique », ainsi que le cri de colère du philosophe et romancier sénégalais Boris Boubacar Diop à propos du « discours impardonnable de Nicolas Sarkozy », prononcé à Dakar le 26 juillet 2007 devant un par-terre d’étudiants de l’Université Cheik Anta Diop.
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